Dès que ça sort, j’achète!

Il y a un an, le 28 juin 2016 très exactement, Aurélie la fondatrice des éditions Bilibok m’ a demandé (et à d’autres personnes d’ailleurs) de faire partie de son comité de lecture. Un mois plus tard elle sollicitait mon avis sur un texte parlant d’une petite fille aux cheveux afro: « Comme un million de papillons noirs »

 

 

Le texte m’a plu tout de suite. Et quand j’ai répondu à Aurélie pour lui dire ce que j’en pensais j’ai terminé mon mail avec la phrase suivante:

Voilà, sinon dès que ça sort, j’achète!

 

A l’époque, ce blog n’existait pas encore. Je l’ai ouvert en décembre dernier. Il a pris son ptit envol et le compte twitter qui y est associé m’a permis de faire de belles découvertes et d’avoir de chouettes échanges avec nombre d’entre vous. Je ne faisais pas non plus encore partie de Bilibok. Je me contentais de donner mon avis à Aurélie sur quelques textes quand elle avait besoin d’un regard extérieur.

Depuis bien des choses ont bougé! J’ai été happée par le boulot, la vie, mais aussi le beau projet de participer au lancement de ce livre qui m’avait tant plu lors que je l’ai lu pour la première fois. Le blog en a souffert et je l’ai délaissé. Cet article me permet d’expliquer pourquoi mais surtout de raconter cette belle aventure qui met en avant toutes les valeurs auxquelles je crois et pour lesquelles j’écris ici, et qui constitue aussi ma première incursion dans un monde de l’édition très normé et difficile à faire bouger .

« Comme un million de papillons noirs » c’est d’abord l’oeuvre de Laura Nsafou qui en a écrit le texte. Elle tient le blog afroféministe Mrs Roots, dédié aux littératures afros et à l’analyse des discriminations touchant les femmes noires.

Viennent ensuite les magnifiques illustrations de Barbara Brun.

Ce livre raconte l’histoire d’Adé, une petite fille qui n’aime pas ses cheveux afro à cause des moqueries de ses camarades. Elle va grâce à l’amour de ses proches apprendre à les aimer à en apprécier toute leur beauté et prendre confiance en elle.

Cet album est intéressant car il permettra aux fillettes noires en mal de représentation positive de s’identifier mais également que tous les enfants apprennent à mieux se connaître et à faire preuve d’empathie.

 

La campagne pour financer ce livre est en ligne depuis trois semaines sur Ulule

Il est MAGNIFIQUE. Non seulement le texte est superbe mais Barbara Brun a su parfaitement trouver l’univers graphique pour l’accompagner et en faire ressortir toute la poésie.

J’ai également vu les exemplaires de test qu’on a réalisés avec un imprimeur pour avoir une idée du rendu, et ça promet d’être en plus un objet de qualité.

 

J’en ai beaucoup parlé sur twitter, sur Facebook. J’ai donné de ma personne en faisant des vidéos pour expliquer notamment pourquoi il est important d’offrir des livres comme celui là non seulement aux fillettes noires en mal de représentation positive mais aussi aux garçons et globalement à tous les enfants.

Cette vidéo que j’ai postée sur twitter à d’ailleurs eu beaucoup de succès :


Ce projet nous a pris beaucoup d’énergie. Et comme c’est l’une des raisons qui font que je publie moins ici je voulais vous en parler d’une façon un peu plus personnelle et vous raconter un peu les coulisses.

Presque un an après en avoir lu les premières lignes, ce n’est pas sans émotion que je réalise que ce livre va devenir une réalité.

Car derrière notre enthousiasme à chaque partage de news depuis le lancement de la campagne, ou à chaque palier franchi, il y a des choses que vous ne voyez pas. Les coulisses, les bêtises de tournage, les moments de rigolade, mais aussi  les phases de doute.

Ces moments où rien ne marche. La déception de voir le premier livre personnalisé qui ne se vend pas autant qu’on le voudrait pour financer l’impression des albums classiques comme on l’espérait au départ. L’incertitude de ne pas savoir si on arrivera à financer ce bel album des Papillons noirs qui tient tant à cœur à toute l’équipe.

Le désarrois de constater que ce livre serait difficile à faire devenir réalité. Les concurrents de livres personnalisés qui arrivent et sortent des nouveautés qui font un carton.

L’énooorme difficulté à rester tous mobilisés et/ou dispos (malgré nos vies, nos boulots respectifs, nos enfants, nos déménagements, nos problèmes persos) pour faire vivre ce projet et dégager du temps.

L’envie parfois de baisser les bras parce qu’on a des jobs à plein temps, des enfants, l’envie de se mettre au Ukulélé ou de reprendre la Batucada (là je parle pour moi :))

Et puis parfois, tout repart. En moins de 15 jours Aurélie a abattu un boulot de dingue (c’est elle qui en plus de gérer la boite fait TOUTES les créas  (les visuels, les marque page, les cartes postale, la mise en page, les ptits gifs mignons) qui illustrent la communication autour de ce projet) pour lancer avant l’été une campagne Ulule afin de trouver des fonds.

On a tourné la vidéo de présentation en un après-midi, le jeudi de de l’ascention dans des conditions qui feraient mourir de rire n’importe quel vidéaste amateur tellement c’était du grand n’importe quoi.

Par exemple il faisait tellement chaud que bien évidemment nous avions ouvert la porte (on était en RDC sur cour) pour profiter d’un peu d’air et de la lumière du jour. Quand soudain un voisin lance sa musique de merde à fond. Résultat, nous voilà obligées de tout fermer, d’allumer les projecteurs (par 40 degrés je le rappelle). (Si par moment la lumière change dans la vidéo qui est sur Ulule c’est à cause de ça ah ah).

Aurélie n’avait plus de voix. Sans déconner elle s’est gavée de pastilles au goût dégueulasse pour pouvoir parler.

On suait sang et eau.

On s’est improvisé des antisèches quand on s’est rendues compte qu’on ne parlait pas de façon très fluide. On a ré-écrit le script sur place pour la même raison….L’improvisation était par moments presque TOTALE.
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On a bien cru tomber en panne de batterie.

Si on improvise autant sur le tournage de la vidéo avec Aurélie c’est parce que ça relève déjà du miracle d’avoir trouvé un créneau où on est dispos toutes les deux une aprèm entière pendant que nos chéris gardent les enfants alors quoi qu’il se passe il faut qu’on finisse. C’est pas « marche ou crève » mais presque!

Je pense qu’on a des rush de bêtisier pour les 30 prochaines années.

MAIS ON L’A FAIT!!!!!

Le 12 Juin on lançait la campagne.

En à peine plus d’une semaine on atteignait les 100 % du financement demandé. Ce premier palier était le minimum dont on avait besoin pour pouvoir lancer l’impression.

Vous vous demandez sûrement alors pourquoi on continue de communiquer, de vous parler de ce projet?

Et bien simplement parce qu’on a encore besoin de vous!

 

Parce que Bilibok est une entreprise essentiellement basée sur le bénévolat pour l’instant et qui a du mal à dégager de la marge (une fois qu’on a payé les auteurs et illustrateurs). Sans marge c’est très compliqué de lancer les prochains projets. On voudrait faire un recueil sur les métiers, mettant en avant les femmes dans des professions valoridantes, et avec de la diversité. Mais pour que les illustrateurs acceptent de se joindre au projet il faut pouvoir les payer ou avoir au moins un peu de visibilité sur la rémunération qu’on peut offrir.

Parce qu’on aimerait pouvoir communiquer, être présents sur des salons, avoir un peu plus de visibilité.

Partager ce projet c’est contribuer à tout ça. Un RT, un like, une conversation avec vos collègues, vos proches c’est une occasion de faire grossir notre communauté, d’être informés des prochains livres, de montrer votre soutien, votre intérêt pour une littérature jeunesse ouverte d’esprit et en phase avec son temps.

Soutenir le projet en achetant un pack sur Ulule c’est donner à bilibok des chances supplémentaires de continuer à se développer. C’est faire qu’un exemplaire supplémentaire de ce magnifique livre trainera quelque part où un enfant pourra le lire.

Et si comme moi vous voulez acheter ce livre, c’est sur Ulule que ça se passe!

Merci à tous ceux qui nous ont déjà soutenus et à tous ceux qui nous soutiendront. Cette campagne nous a reboostés. C’est la première fois qu’on se confrontait de façon aussi franche au « grand public » et l’accueil a été vraiment très positif!

 

 

 

 

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