Terminus 

Aujourd’hui j’aimerais vous parler  de Terminus, un ouvrage qui me tient beaucoup à cœur et pour plusieurs raisons. D’abord parce qu’il m’a été généreusement offert via ma wishlist par @gauthon qui me suit sur Twitter depuis le lancement de ce blog et je tiens sincèrement à l’en remercier, car cela m’a énormément touchée. Ensuite parce que c’est un livre qui fait preuve de diversité et qui traite d’un sujet peu commun pour un livre jeunesse, celui de la pauvreté.

Je suis tombée dessus un peu par hasard en cherchant des infos sur l’illustrateur d’un autre ouvrage pour enfants racontant la vie de Josephine Baker.

Je venais de m’offrir la version de Boquet et Catel et je trouvais ça intéressant de poursuivre ce travail de lecture par une version pour les plus jeunes. Et c’est de cette façon que j’ai découvert le fabuleux travail de Christian Robinson.

Il n’est pas très connu en France et pourtant il a illustré un ouvrage qui a eu ici un certain succès: « Il pleut ». Son travail est tellement riche que je vous invite à aller faire un tour sur son site découvrir tous les ouvrages qu’il a illustré.

 

Pour en revenir à Terminus, le livre dont il est question aujourd’hui, c’est une histoire qui se rapproche un peu de « Il pleut » en ce sens que l’objectif est d’essayer de voir le bon côté des choses avec un peu de philosophie et qu’il y a également deux personnages dont les points de vues s’opposent (même si les deux livres ont des auteurs différents je trouve qu’ils ont une trame narrative très proche). L’auteur Matt de la Pena écrit habituellement des romans pour ado qui ont beaucoup de succès et c’est son premier livre pour enfants.’

Le livre est un bel album grand format qui se lit rapidement (parfait pour l’histoire du soir). Chaque double page présente une scène et est accompagnée de quelques phrases de texte.

Il raconte l’histoire d’un petit garçon, Tom qui tous les dimanche emprunte la même ligne de bus jusqu’à son terminus (pour une destination que le lecteur découvrira à la fin). Ce jour là, il pleut (tiens ça me rappelle quelque chose…), l’enfant est plutôt grincheux et ne veut pas y aller. Sa grand mère ne se démonte pas, lui expliquant à chaque fois qu’il rouspète ou se plaint qu’en toute chose il y a un bon côté.

 

 

le petit garçon se plaint de n’avoir pas de voiture comme son copain Arthur pour faire ce trajet pour lequel lui et sa grand mère prennent le bus tous les dimanche, il se plaint de la pluie, des passagers du bus, de ne pas avoir d’ipod, tout y passe.

 

Tom est à un âge où l’on est souvent envieux de ses petits camarades et où l’on veut tout ce qu’ils ont. La grand mère répond aux petites jalousies du garçon avec malice et en gardant le sourire. J’aime bien cette relation qu’il y a entre l’enfant et son aïeule. Ce livre offre un regard plein de poésie sur un monde pas toujours facile. Le regard lucide mais malicieux de la grand mère confronté à la naïveté et à la franchise sans pudeur de l’enfant donnent un mélange qui fonctionne bien tout en restant réaliste.

 

 

Après ce trajet en bus animé et plein de rencontres, on découvre que Tom et sa grand mère se rendent à la soupe populaire pour aider à y servir les repas. Ce terminus est donc un quartier pauvre. On pourrait penser que c’est triste, mais justement non. Là encore, Tom et sa grand mère et leur regard plein d’optimisme y trouvent de la joie de vivre et sont contents d’être là.

 

Ce livre est un moyen d’aborder avec les enfants le sujet de la pauvreté. Ce n’est pas forcément simple d’en parler sans avoir un regard emprunt de pitié. Vous l’aurez compris Tom est un garçon issu d’une famille modeste qui va aider des gens plus modestes que lui. Sa naïveté donne à ce livre une façon « innocente » d’aborder le sujet, ses remarques pourraient être celles de nos enfants et je pense qu’ils s’y reconnaîtront facilement. Les répliques de la grand mère ajoutent une lucidité emprunte de malice dont on devine qu’elle ne bernera pas l’enfant très longtemps. Elle permet malgré tout de lui faire prendre conscience que dans son malheur il a de la chance et que la beauté ou les belles choses sont partout et ne sont pas forcément question d’argent.

J’ai lu ce livre à Mumu le soir où on l’a reçu et il lui a beaucoup plu. Elle n’y a bien entendu pas vu la même chose que moi. Pour l’instant la notion d’argent, de richesse ou de pauvreté reste très abstraite pour elle (elle est encore dans une phase ou elle pense que quand on a plus de sous il suffit d’aller en acheter). Mais je pense qu’il prendra du sens pour elle en grandissant.

Elle y a surtout vu l’histoire d’un petit garçon qui passe du temps avec sa grand mère qui l’aime beaucoup. Et ça, par contre elle y est très sensible. Et je pense qu’en grandissant c’est ce qui lui fera peut être accorder une oreille plus attentive à ce que dit cette vieille dame.

Une chose dont je suis sûre également c’est qu’elle a apprécié les illustrations autant que moi. Vous l’aurez remarqué évidemment le petit garçon et sa grand mère sont noirs. Ce n’est pas le sujet de l’histoire mais je pense que c’est un choix délibéré de la part de Chrisrtian Robinson. Il est lui même noir et il y a de la diversité dans tous les livres qu’il illustre (personnellement j’ai envie de tous les acheter, malheureusement très peu sont traduits en français). Il a un style très reconnaissable à la fois naïf et plein de détails et très coloré. C’est vivant malgré le sujet à priori pas très joyeux de cette histoire.

La vie n’est pas toujours gaie. Faut-il lire des histoires traitant de sujets graves aux enfants, sous quel angle faut-il les traiter? Je n’ai pas forcément la réponse. Je pense que les enfants méritent un regard honnête sur notre société et que cette honnêteté n’impose pas forcément d’être sombre ou triste. Je trouve que ce livre réussi très bien ce pari et je suis heureuse qu’il fasse partie de la collection de mes enfants.

Cet ouvrage est publié par les Editions des Elephants, une maison que j’ai déjà citée pour son très chouette travail avec la collection Igor et Souki. J’ai également acheté Cité Babel dont la chronique est prévue pour bientôt.

 

Voilà, je vous laisse avec cette illustration que j’aime beaucoup de Tom et sa grand mère.

 

 

Pour les enfants à partir de 6 ans

Edition des éléphants

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